Expertise suite – Visite de l’usine d’Hagetmau

Chers membres et sympathisants,

A la suite de la réunion du 7 juin 2016 à Montaner, l’expert mandaté par le tribunal a souhaité que nous visitions l’unité de méthanisation d’Hagetmau, du même porteur de projet que celle qui nous concernerait.

Celle-ci s’est déroulée le mercredi 20 juillet à 14h00. L’association était représentée par son avocat Maître Moutier, son président et sa trésorière. Les parties adverses étaient également représentées.

Afin de respecter la procédure et l’expertise en cours, nous n’aborderons que le résumé de cette visite qui, par ses découvertes, n’a fait que confirmer les craintes avancées depuis le début de notre combat.

L’usine (en fonctionnement depuis 18 mois) est située dans une zone industrielle, clôturée d’un simple grillage et sans aucun aménagement paysager.

Après les salutations d’usage, il nous a été proposé de commencer la visite par le local de traitement des eaux rejetées (situé à l’arrière de l’usine) afin de minimiser l’immobilisation de ce secteur car une maintenance sur le post-digesteur par un opérateur italien était prévue ce jour-là (pour du matériel italien) !

Nous nous y sommes rendus par l’extérieur, et malgré un vent faible mais soutenu, nous avons pu « apprécier » la présence d’odeurs de lisiers. Nous avions dénoncé cette situation lors de la réunion du 7 juin 2016, faits déjà constatés par nos propres moyens depuis le domaine public.

 Nos craintes initiales se confirment : l’usine de Montaner pourrait produire des odeurs sur des périodes continues et hors périmètre de l’usine.

 Le local de traitement des eaux rejetées, indépendant du bâtiment principal, est un labyrinthe de tubes à multiples fonctions. Après les explications du circuit et de chaque module, nous avons pu poser des questions.

Pourquoi y avait-il des éclaboussures sur des tubes à hauteur d’homme, un sol lavé, un merlon contournant le bâtiment (sauf à la porte !) avec une trace de niveau de digestat de quelques centimètres ?

Selon le porteur du projet, cela serait arrivé pendant une maintenance due, en partie, au colmatage d’un filtre lié à aucune intervention de suivis depuis son démarrage. Aussi, certains tubes et raccords étaient récents, et les grilles de ventilations des armoires électriques de la couleur du digestat.

En regardant plus loin, en face la porte, le sol laissait deviner qu’une partie du digestat s’était échappé à l’extérieur.

 Les explications apportées nous laissent plus que perplexe sur la réalité des évènements !

 Nous avons regardé et commenté le rejet de l’eau traité dans son dernier tube rejoignant le tout à l’égout de la ville. Le rejet dans l’environnement ayant été refusé.

 Nous avons vu la torchère toute proche avec ses traces d’utilisation récente mais aussi en continue au démarrage de l’installation (phase de remplissage des digesteurs, qui peut durer 6 mois comme indiqué dans le dossier de demande d’autorisation de l’usine de Montaner).

Puis une brève explication sur les cuves à ciel ouvert contenant le liquide avant et après traitement et les vapeurs visibles par temps couvert.

 En regardant de plus près, l’implantation de l’usine ne correspond pas à celle prévue dans son arrêté préfectoral ! Nous observons aussi qu’elle comporte plus de structure que celle prévue à Montaner.

Pour exemple, nous avons soulevé la problématique des cailloux et ficelles contenus dans les lisiers et fumiers, sachant qu’il n’y a rien de prévu sur le processus et les plans de l’usine de Montaner.  Nous avons eu confirmation que sur l’usine d’Hagetmau le séparateur de cailloux n’était pas prévu. Il a été ajouté après coup en extérieur attenant au bâtiment principal.

 Nous ne pouvons qu’émettre des craintes supplémentaires concernant le devenir de l’installation prévue à Montaner ; celle-ci ayant une capacité beaucoup plus importante que celle d’Hagetmau !

Une discussion s’est lancée et a permis de faire le point sur certains éléments, notamment la situation précaire de la grippe aviaire. Elle a nécessité des dérogations pour la collecte, ainsi qu’un élargissement du secteur d’approvisionnement.

De plus, nous avons appris que certaines exploitations prévues pour l’usine de Montaner approvisionnent l’usine d’Hagetmau. Qu’en est-il du discours mis en avant sur l’écologie ?
Et du bilan de gaz à effet de serres !

 Nous avons ensuite observé une « tour » de plus de 20 mètres, qui sert d’échappement aux groupes électrogènes. Son point haut supporte un paratonnerre, deux autres sont répartis sur l’usine.

Nous avons visité les locaux des co-générateurs, avec la présentation de la récupération de la chaleur.
Quand nous avons demandé au porteur du projet, pourquoi la production d’électricité (d’un ratio de 35% de rentabilité) alors que l’Europe préconise la production de gaz ?
Nous avons eu pour réponse que Carterpillar, dont est issu le porteur de projet, produit des groupes électrogènes.

 Nous avons bien compris que l’intérêt du groupe Caterpillar passe avant l’aspect écologique du projet !

Dans notre secteur, une canalisation de gaz raccorde Maubourguet, Vic-en-Bigorre et Tarbes, rien n’empêchait d’implanter un projet à proximité !

 A la sortie du bâtiment, l’ensemble du groupe s’est dirigé vers les digesteurs où nous avons contemplé les cuves dont les tuyaux d’alimentation baignaient dans des jus, puis nous nous sommes dirigés vers le bassin orage avec une « belle » surprise : celui-ci était rempli en partie (car il sert de réserve incendie) et la surface était verdoyante comme une eau stagnante de marais (il ne manquait que les nénuphars !).

 Vous comprendrez donc où est passé le liquide qui s’est échappé du bâtiment de traitement de l’eau, et avec lui la matière azotée et organique qui le compose. Il n’y a pas eu de pompage pour un retraitement, sans quoi, les séparateurs d’hydrocarbures auraient empêché le passage de terre ou autre en provenance des eaux de parcours.

Après le bassin d’orage, c’est l’environnement !

Il faut se demander si les pompiers utiliseraient cette réserve en prenant le risque de colmater les pompes de leurs camions avec les racines de cette végétation !

Tout ceci remet en cause la présence de nuisibles, mouches, rongeurs,….

Rappelons que l’usine de St Gilles du Menée (présentée à la réunion publique du 7 décembre 2012 organisée par la Communauté des Communes de Vic-Montanerès) a fait l’objet d’une fuite de 40 à 50 m3 de lisiers qui s’est écoulée hors de l’usine et d’un incendie.

En fin de visite, une nouvelle discussion s’est engagée sur le mode de fonctionnement :

Le porteur de projet – Eneria – détient 51% de l’installation ; la Caisse des Dépôts et Consignations en détenant 49%. Rappelons que le projet a reçu de nombreuses subventions (Régions, Etat, Europe) et nos impôts !

Eneria garde la gestion de la partie co-génération et sous-traite le reste. En effet, des appels d’offres ont été émis pour les différents secteurs (transport, collecte, gestion du site…).

La Lyonnaise des Eaux étant déjà gestionnaire de la station d’épuration de la Mairie d’Hagetmau, il leur a semblé évident de leur confier la gestion de l’usine.

 Cette situation soulève deux points essentiels, qu’en est-il des créations d’emplois tellement mises en avant et de leur pérennité suite à nouvel appel d’offre !
Cette même réflexion vaut pour les autres secteurs d’activités (collecte, transport, maintenance, …)

Et il en serait de même pour le projet de Montaner !

Chers membres, sympathisants, parents et amateurs des balades autour du lac, nous sommes désolés de constater que nos craintes du départ sont fondées et nous en avons eu la triste preuve.

Continuez à nous soutenir, nous restons plus que mobilisé !

Dans le cadre de l’expertise, d’autres réunions sont prévues, elles nous permettront de continuer à nous faire entendre !

                                                                       Le  Président

                                                                      François BARBE

Continuez à nous aider :

• Soit en participant par le biais l’adhésion 2016 à l’Association Echo Louët

• Soit en faisant un don (http://www.echo-louet.fr/dons/)