La fausse promesse d’une énergie propre

La chaîne Arté a diffusé ce documentaire qui traite le sujet de la méthanisation en s’appuyant sur l’expérience d’un agriculteur allemand. Celui-ci a arrêté son élevage pour se lancer dans ce qui était présenté comme l’avenir. On y découvre la remise en question de ce système au regard de la quantité de carburant engloutit pour faire fonctionner la structure, le manque de suivit de celle-ci, les pertes de biogaz occasionnées (représentées) qui au delà de 4% sont plus polluantes que si l’opération n’avait pas lieu.

Les 10 premières minutes abordent très bien le sujet avec des démonstrations ainsi que leurs impacts complétés tout au long de sa durée (50 mn). Certes en Allemagne ils utilisent des céréales, mais les pertes de biogaz de la structure, l’énergie fossile utilisé, les odeurs et les conséquences sont identiques, à voir absolument.

Sa diffusion après l’enquête publique est regrettable car cela aurait apporté un soutien aux nombreuses raisons misent en avant par Echo-Louët.

Coderst

Courant juillet, la réunion du Coderst regroupant les différents services administratifs de la préfecture a eu lieu.

L’association Echo-Louët ne pouvant y assister, c’est la SEPANSO 64 qui a exprimé ses désaccords (association pour la défense de la nature qui est reconnue par les services de la préfecture, comme la LPO et une association de consommateurs).

Hormis les divers statuts, périodicité des contrôles, anomalies du dossier de l’enquête et autres, nous attirons l’attention sur un paragraphe touchant les agriculteurs sur le thème des nitrates. En effet, afin d’éviter une situation comme en Bretagne avec les algues vertes, les services administratifs proposent l’élaboration d’un point zéro des épandages et un contrôle renforcé des cours d’eau des bassins versants où ils seront réalisés.

Le porteur de projet a déposé un dossier visant à obtenir une homologation pour produire un engrais à base du digestat qui tend à fournir aux agriculteurs un produit qui n’est pas soumit à l’élaboration d’un plan d’épandage ou à des normes de stockage particulières (plate forme avec récupération des jus ou sous bâtiment).

Hors, le porteur de projet met en avant un moyen de stockage de 15 000 tonnes qui ne suffira pas pour les 37 000 t/an de digestat produit et les 25 000 t/an de boues issues de l’ultrafiltration et de l’osmose inverse. Comme répondu dans un questionnaire, le porteur de projet prévoit de limiter les transferts en portant l’engrais chez les agriculteurs tout en allant prélever les fumiers.

L’action de méthanisation par le biais du passage dans le digesteur transforme l’azote ammoniacale contenue dans les lisiers et fumiers en azote nitrique. Cette dernière est assimilable par les plantes mais aussi sa structure la rend lessivable ce qui donne les nitrates que l’on retrouve dans les sols si elle n’est pas étendue sur des sols enracinés afin que les plantes captent l’engrais.

Ainsi son stockage durant l’année avant son épandage sera soumit à des contrôles indirects qui à long terme entraînera des modifications obligeant les agriculteurs à se mettre dans de nouvelles normes voire un épandage sur des sols enracinés avec un matériel adapté.

Les pré-contrats ne mentionnent aucuns de ces critères.

Les services proposent aussi la mise en place d’une commission de surveillance si une commune en fait la demande.

Enquête publique

L’association a remis au commissaire enquêteur une analyse critique de 16 pages.

L’ensemble du contenu de l’enquête et son bilan est consultable sur le site de la préfecture dans la rubrique  » Avis et rapport du commissaire enquêteur, Préfecture des Pyrénées-Atlantiques ».

Nous y retrouvons l’ensemble des remarques apportées soit 135 observations pour l’autorisation d’exploiter. Dans son analyse le commissaire enquêteur s’appuie sur des avis d’agriculteurs venus dire l’importance de l’usine, hors certains ont arrêter leur élevage quinze jours après la fin de l’enquête et d’autres changent d’orientation.

A noter que le nombre d’erreurs et d’anomalies relevées dans le dossier déposé par le porteur de projet ne peut être interpréter comme il le prétend : « élaboré par plusieurs personnes », alors que l’on retrouve la même carte IGN tout au long du dossier, que certaines représentations sont sommaires (trous inexpliqués dans des représentations de dispersion d’odeurs),….

Dans son analyse, Ectare (délégué par le porteur de projet) ne prend pas en compte les odeurs émisent par les gaz des moteurs, la torchère, la chaudière et surtout la pollution occasionnée par le biogaz (le méthane est 4 fois plus polluant que le CO2) émis lors des vidanges de la structure notamment pour évacuer les boues de décantations, pour redémarrer la structure après une mort accidentelle des bactéries, ou du surplus de biogaz libéré par les soupapes (évents) présents sur les cuves,…

Que dire lors du remplacement du contenu du biofitre qui assure la rétention des odeurs du bâtiments, rappelons qu’il y a aussi les risques pathogènes,….

Nous avons toujours un doute sur la quantité des rejets liquides qui peuvent aller de 350 m3 annoncés à 510 m3 au final. Signalons que le projet est privé, mais la réalisation de la traversée de route est la charge de la Communauté de Commune ainsi que l’entretien du fossé. La perte de charge d’électricité occasionnée par les 15 km de raccordement au réseau depuis le site de production n’est pas évaluée.

Certaines remarques s’appuies sur une étude du cabinet SOLAGRO, équivalent de l’Apesa (mais plus réaliste), indiquant que le gisement mis en avant par le porteur de projet est injustifié.

Depuis le début, les élus et porteur de projet mettent en avant la diminution d’odeurs, or le dossier signale une production « autorisée » de 175 heures/an. Quel bilan en tirer ?