21/03/2012 – La dépêche du midi

Montaner. La méthanisation pourquoi pas mais non à l’usine !

Voix d'un agriculteur.
Voix d’un agriculteur.

Lors de la réunion publique de présentation du projet d’usine de méthanisation sur la zone artisanale du Louët, les porteurs du projet Bio’Ener du Val d’Adour, du président de la communauté de communes Vic-Montaner, de professionnels de l’agriculture et de citoyens-habitants du territoire, sont intervenus. Ainsi, alors que le président Curret évoquait la visite des élus locaux en Bretagne, d’une unité de méthanisation en construction, une personne dans la salle demandait aux intervenants de Beva : « Avez-vous déjà une réalisation en fonctionnement en France ? Avez-vous l’expérience ? ». Réponse : « Nous nous appuyons sur des spécialistes compétents dont nous sommes le chef d’orchestre ». À celle-ci, évoquant des accidents mortels dans des structures de méthanisation en Allemagne ou Espagne : « Vous savez qu’en France, il y a 4.000 morts sur les routes » (sic). Et plus sérieusement : la technologie a évolué. Autres questions : la proximité d’une école avec 60 enfants ; l’accès des secours et la rapidité d’intervention en cas d’incendie ou d’explosion ; l’augmentation de la circulation avec les risques accidentogènes accrus ; les retombées économiques pour la collectivité territoriale et pour les administrés.

En face des 30 camions dont 60 passages quotidiens avec le retour de collecte des effluents agricoles, 5 jours par semaine, toute l’année, un agriculteur relevait les quelques dizaines de jours d’épandage dans les champs avec les seuls tracteurs. Cet autre, agacé par la comparaison avec la Bretagne et l’argument de l’usine de méthanisation qui « apporte une solution aux éleveurs locaux », tenait à souligner que, compte tenu de l’élevage intensif porcin, notamment, en Bretagne, les surfaces sont insuffisantes pour l’épandage, ajoutant également que les pratiques agricoles sont de plus en plus vertueuses, les mesures de nitrates en témoignant : « Les agriculteurs locaux ne polluent pas. »

Source : La dépêche du midi

19/03/2012 – La Dépêche du midi

Montaner. Méthanisation : l’usine divise

 De Montaner, Pontiacq, Escoubès, agriculteurs ou non, tous concernés./Photo J.P.
De Montaner, Pontiacq, Escoubès, agriculteurs ou non, tous concernés./Photo J.P.

Dans le cadre de ses actions de développement durable, la communauté de communes Vic-Montaner s’est engagée, au côté du groupe Eneria, dans un projet d’usine de méthanisation sur le site de la zone artisanale du Loüet, à Montaner. Ce vendredi 16 mars, à Montaner, il s’agissait de la 5e réunion de présentation du projet porté par Bio’Ener du Val d’Adour, société Beva créée spécifiquement pour ce projet ; réunion organisée cette fois-ci pour le grand public, après celles à destination, notamment, des organes de presse des Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées, des élus du territoire concerné, des agriculteurs. Et le grand public était venu nombreux : plus de cent personnes avaient gagné le foyer de Montaner, accueillies par Jean-Louis Curret, président de la CCVM, et Dominique Lagahe, maire de Montaner, au côté des porteurs et partenaires du projet. De la déclaration du président Curret, en ouverture : « Oui, c’est une chance inespérée d’avoir un grand groupe comme Eneria pour un projet industriel dans une dynamique gagnant-gagnant du point de vue industriel, environnemental, agricole ; si nous adhérons à ce projet, c’est que nous avons l’intime conviction du gagnant-gagnant » jusqu’à cette remarque venue du public, après que le porteur du projet eut indiqué que le seul montage du dossier se chiffrait à 150.000€ : « Si vous avez déjà dépensé cet argent, ce n’est pas pour faire marche arrière ; je regrette qu’il n’y ait pas eu de concertation avant ». Alors que le groupe a déposé le permis de construire de cette installation industrielle et avant que soit lancée l’enquête d’utilité publique dans le cadre des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), une réunion de pratiquement trois heures, avec explication autour du principe et de l’intérêt de la méthanisation, caractéristiques de l’installation, impacts divers et pour la première fois, sans doute, une tribune pour l’expression des réticences et des oppositions franches, sur lesquelles nous reviendrons.
Josiane Pomès

Source : La dépêche du midi